Éditorial du président


Cher.e.s adhérent.e.s,
Cher.e.s collègues,

À l’approche de la tenue du congrès de la SFP à Poitiers les 4, 5 et 6 septembre qui vient rythmer les échanges entre chercheurs et praticiens (circannuellement diraient certains), cette rencontre est un moment fort et important pour la vie de notre Société. Ce Congrès 2019 a choisi pour thème fédérateur : « Apprentissages, vulnérabilités et préventions ». Ces concepts distinctement ou réunis résonnent dans notre histoire, nos engagements et nos valeurs. Autant de raisons de ne pas manquer ce rendez-vous de rentrée, nos réflexions complémentaires et communes sont utiles et nécessaires, même si le tourbillon de nos agendas nous dit le contraire. Pour vous inscrire un seul lien à suivre ici

Cette actualité à venir ne nous fait pas oublier pour autant les dossiers en cours qui nous ont mobilisés et appellent notre vigilance active. Les missions de la SFP en matière d’éthique et de déontologie nous donnent un bon fil d’Ariane pour aborder ces enjeux qui concernent la recherche autant que le devenir de la profession et la formation des psychologues.

- Fin de la labellisation des équipes d’accueil (EA) : par la lettre du 19 avril 2019, les présidents, directeurs et administrateurs des établissements d’enseignement supérieur ont été informés par le Ministère de l’Enseignement Supérieur de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) de sa décision de ne plus procéder à la labellisation nationale des équipes d’accueil à compter du 1er janvier 2020. La DEGSIP renvoie ainsi sur l’autonomie des universités, la détermination des unités de recherche qu’elles entendront reconnaître et financer. Dans le contexte délicat de l’équilibre entre les moyens affectés aux universités et l’autonomie accrue revendiquée par la CPU, on peut craindre que le désengagement du MESRI quant à la labellisation nationale des EA, ne corresponde à la disparition de nombres d’équipes de recherche. LA SFP est préoccupée de voir préserver les moyens nécessaires à une diversité et pluralité des travaux de recherche et de formation en psychologie.

- Le corps des PsyEN à nouveau mis à mal dans le rapport Charvet publié le 26 juin dernier ! Depuis que la loi Avenir professionnel a confié l’orientation aux régions, quel va être l’avenir pour l’Onisep, ses directions régionales et les CIO ? La nomination d’un « référent orientation » dans chaque établissement, choisi parmi les enseignants ou les CPE, doté d’une certification complémentaire pour les enseignants ou d’une habilitation pour les CPE, questionne à la fois les missions confiées à l’orientation et sa vision. L’idée n’est pas nouvelle. Il suffit de reprendre la note de présentation des textes sur l’orientation donnée il y a plus de 50 ans, le 03/04/1968, lors de la Conférence de presse de M. A. Peyrefitte, Ministre de l’Éducation Nationale, conférence dans laquelle figurait la création de « professeurs conseillers ». À l’époque, les critiques ne se sont pas fait attendre, lors de la session annuelle de mai 1968 de la Société Française de Psychologie, par la voix de Maurice Reuchlin. Directeur de l’INETOP ; il rappelait la nécessité d’une formation en psychologie où durée et qualité devaient être respectées et où déontologie et éthique apparaissaient indispensables aux fonctions d’orientation et de conseil. Pour notre actualité de la SFP, le groupe des 9 organisations de psychologues a été reçu le 3 juillet dernier par le Ministère de l’Éducation Nationale pour être entendu. Cette rencontre avait pour objectif de réaffirmer les missions des PsyEN, exprimer le souhait d’un maintien des actuels CIO et demander à ce que les prochains recrutements retrouvent leur niveau de 2017. Faisant suite à cette audience, un courrier a été porté à la connaissance de la conseillère sociale et aux inspecteurs généraux rapporteurs du rapport.

- Formation des psychologues : vers un 3ème cycle post-master, affaire à suivre… Depuis novembre dernier, sous l’impulsion de la Direction Générale de l’Enseignement Supérieur et de l’Insertion Professionnelle (DGESIP), un groupe de travail composé de l’AEPU, CNU-section 16, CoFraDec-Europsy, Fenepsy, FFPP, SFP, SNP mène une réflexion sur le développement des compétences du psychologue au XXIème siècle. La SFP, qui a pleinement pris sa place dans ces échanges, reste et restera attentive à l’évolution des cursus de formation en psychologie. La durée de la formation doit rester identique pour l’obtention du titre pour tous les psychologues. Elle doit comprendre tant des contenus académiques, qu’une formation à la recherche et à un approfondissement de la formation pratique en lien avec les praticiens. Cette réforme doit préserver le caractère de profession réglementée et la délivrance d’un titre unique de psychologue ouvrant droit à l’exercice. Elle doit également s’accompagner de mesures sociales conséquentes pour permettre à tous les étudiants de bénéficier de cet allongement de la formation et d’une revalorisation significative de la profession.

Rendez vous à Poitiers du 4 au 6 septembre 2019 pour poursuivre ces échanges formels et informels … et d’ici là, bel été à toutes et à tous.

René CLARISSE
Président de la Société Française de Psychologie