Journées d’étude 11-12 décembre 2020


Covid 19 : Place des Psychologues et apports de la psychologie en temps de crise

La crise sanitaire et sociale qui a fait irruption dans la vie de chacun-e en mars 2020, a bouleversé les repères quotidiens et a fortement questionné les certitudes et les valeurs de notre société. Tous les champs de la vie ont été concernés : La santé, fragilisée par la virulence de la pandémie, mais aussi par l’effraction de la mort, manifestation de notre vulnérabilité dans un monde où l’imprévu est si mal toléré ; Le travail éclaté entre télétravail, poursuite du travail sur site et mise au chômage ; L’éducation entre “continuité pédagogique », fracture numérique et autonomie dans le rapport aux savoirs ; La famille bouleversée par les contraintes du confinement et ses conséquences psychologiques et sociales ; Les rythmes individuels et sociaux ébranlés avec leurs conséquences psychologiques .

Le déconfinement n’a pas non plus raisonné pour tous de la même façon : Libération pour certains mais anxiété accrue pour d’autres.

Dans tous ces domaines, les psychologues ont été sollicités et se sont portés volontaires. Sur les plateformes d’aide en ligne, en direction des soignants comme des usagers. Dans la poursuite de leur travail quotidien, ils ont dû s’adapter, s’ouvrir à de nouvelles pratiques, tenir fermement les cadres d’intervention dans le respect de leur déontologie professionnelle.

Cette expérience inédite a revivifié les réflexions théoriques dans tous ces champs et suscité de nouveaux développements de la recherche.

C’est dans cet esprit que la SFP a souhaité organiser deux journées d’études pour favoriser les apports théoriques et pratiques et les échanges, entre enseignants-chercheurs et praticiens à partir des problématiques issues de cette période. Que peuvent apporter les psychologues en temps de crise ? Quelle place peut prendre la psychologie dans l’analyse de ces effets psychologiques et dans la prévention ?


PROGRAMME :
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CONFÉRENCES

Violences conjugales en famille : enfants témoins ou objets de la transmission intergénérationnelle des traumatismes parentaux ? MJ Grihom Psychologue Clinicienne, professeure de psychologie université de Poitiers responsable du parcours « Criminologie-Victimologie » Vendredi 11 Décembre 10H30 à 12H

• Le silence de Lucie : Prise en charge des enfants victimes de violences conjugales A Chavez Psychologue Clinicienne, centre du psychotrauma institut de victimologie de Paris Vendredi 11 Décembre 14H à 15H30

Premiers résultats de l’enquête nationale sur les effets psychologiques (vécu émotionnel et affectif) des personnes pendant la période de confinement sous la direction de G Fleury-Bahy professeure de psychologie sociale à l’université de Nantes et de A. Congard et A Boudoukha, Professeurs de psychologie clinique et de la santé Samedi 12 Décembre 9H15-10H15

Usages du numérique, jeux vidéos, espaces de dépendance, espaces de développement. Mickaël Stora Psychologue, psychanalyste, fondateur de l’observatoire des mondes virtuels et Celia Hodent docteur en psychologie université René Descartes, psychologue Samedi 12 Décembre 11H45-13H

Apprentissages, enseignement et numérique G Borst Professeur de psychologie du développement et de neurosciences cognitives de l’éducation à l’Université Paris. Descartes .Samedi 12 Décembre 14H15-15H30


LES SYMPOSIUM ( Sessions en parallèle) ET COMMUNICATIONS

Le travail à l’épreuve de la « crise sanitaire » : premiers éléments d’analyse sur les liens entre activité, santé et développement dans un contexte de travail inédit  : Samedi 12 décembre de 10H15-11H45

La période que nous traversons vient interroger les psychologues, leurs pratiques et leurs cadres théoriques et méthodologique. Dans le champ du travail, elle permet entre autre de ré-interroger les liens entre l’activité et la santé, à un moment où travailler s’est traduit à la fois par la confrontation à de nombreux obstacles et empêchements mais également par le développement de nouvelles ressources et de nouvelles pratiques. Le travail à distance et tout ce qu’il implique (travailler dans son espace domestique, en mobilisant des outils numériques parfois inconnus jusqu’alors , seul le plus souvent, pour réaliser des tâches pour une part inédite ou qui nécessitaient d’être complètement repensées etc.), a amené les professionnels à devoir inventer un ensemble de nouvelles façons de faire, sources de difficultés imprévues. Certaines fois, malgré une situation à bien des égards inhabituelle, les professionnels ont vu se répéter des difficultés qu’ils connaissaient déjà avec la douloureuse impression que celles-ci étaient en fait des constantes indépassables. Dans ce contexte, les protocoles et outils numériques mis en place dans les milieux professionnels pour maintenir ou reprendre une activité, tout en répondant à des exigences sanitaires fortes, semblent souvent échouer à prendre en compte la complexité du travail. Ceci contraint alors les professionnels soit à renoncer, pour tout ou partie, à faire leur travail soit à s’exposer, pour réussir à réaliser leur activité en privilégiant ce qu’ils considèrent comme un travail de qualité.
Maintenir son engagement au travail dans ces conditions semble ne pas être toujours aisé et demander pour certains des efforts dont le coût est loin d’être négligeable. Mais c’est aussi parfois l’absence de travail, l’inactivité forcée, qui pèsent sur les travailleurs. C’est à ces épreuves singulières et à leurs effets que s’intéresseront les contributions de ce symposium, en s’appuyant sur des exemples cliniques tirés de différentes expériences d’intervention et de recherche (dans le milieu de l’enseignement, de la formation et de l’ingénierie). Elles montreront comment beaucoup de professionnels cherchent à maintenir leur activité et un travail de qualité, sans toujours y parvenir, au risque d’être mis à mal mais aussi de voir s’ouvrir de nouvelles possibilités A un moment où la santé semble se concevoir avant tout comme l’absence de maladie, nos premiers constats nous amèneront plutôt à ré-affirmer qu’elle est bien plus que cela. Etre en santé, ce n’est pas seulement se préserver, c’est aussi pouvoir agir, sur soi et sur son environnement.

K. Kostulski professeure de psychologie du travail CNAM , A Sandoval chargée de cours en psychologie du travail CNAM, Y Miossec MC en psychologie du travail au CNAM, D Salaun , C Remermier.

Adaptations cognitives et affectives dans les contextes interculturels Samedi 12 Décembre de 10H30 à 11H45

Quels liens pourraient exister entre l’interculturel, en tant que processus social, et la catégorisation, en tant que processus intrapsychique, cognitif et social ? Pourrait-il s’agir de la construction de représentations sociales et de rapports sociaux, soit de la construction de la réalité ? Une logique identitaire intervenant par la fabrique du sens ?
Toutefois, dans ces logiques, « l’appartenance déterminée » pourrait laisser place à « l’appartenance invariante » grâce à la dynamique inhérente au processus de fabrication du sens par la dimension créative
Le registre symbolique constituerait alors cette potentialité par laquelle l’interculturel peut faire œuvre de sens. C’est ce que nous nous emploierons à illustrer par la clinique des ateliers de médiation thérapeutique (par l’écriture et la poésie).
La variable culturelle oblige le professionnel à une adaptation personnelle aussi bien cognitive, qu’affective, faute de quoi il risque de passer à côté de l’expression de la personnalité, du vécu et des souffrances véritables des personnes qu’il accueille…
L’exercice de la psychologie dans de nouveaux contexte nous oblige à repenser nos pratiques, à partir de notre éthique mais aussi de la représentation du monde qu’en ont les psychologues dans l’humanitaire. Car il est bien question de cet étranger irréductible, de cet étrange et de cette “étrangeté”, qu’elle soit “inquiétante” ou non, refoulée ou projetée, assimilée ou acculturée, qui est au centre de ces pratiques et de ce symposium.
La méconnaissance des représentations mentales et des codes culturels, qui diffèrent selon les pays, peut induire différents biais dans nos comportements, mais aussi dans la conduite des interventions psychologiques. En intégrant les concepts de l’anthropologie, le choix d’une position émique (de l’intérieur du groupe étudié) sera développé, contrairement à une posture qui eut été plus étique( du point de vue de l’observateur). En outre, seront explicitées les notions d’ajustements et de management culturel, facilitant voire conditionnant une bonne compréhension et une rencontre optimale avec l’autre « Étrange » en situation interculturelle. Enfin seront distingués les facteurs interculturels des crises (événements, guerre, exils, etc).
Penser le contexte, penser complexe, pour se penser et penser l’autre. …. intégrer des échanges qui respectent l’altérité.

Antoine Molleron, modérateur du symposium, psychologue praticien et diplômé en anthropologie médicale clinique. Maria do Céu Alves, Psychologue clinicienne , Art-thérapeute et Hypnothérapeute (en psychiatrie.) Gilbert Lacanal, Psychologue, Président-Fondateur de Psychologues du Monde, formateur IpsyE (intervention psychologique en situation d’exception),

Les effets de la crise sanitaire sur les pratiques des psychologues : Quels cadres ? Quelles interrogations théoriques et pratiques. Quels nouveaux dilemmes à résoudre ? Samedi 12 Décembre de 15H30-16H45

Avec le confinement, la plupart des psychologues se sont trouvés confrontés à l’interruption brutale de leurs activités. Pour autant, se sont imposées rapidement, la nécessité du maintien du lien avec les personnes qu’ils suivaient mais aussi l’importance d’une réponse à la souffrance générée par la situation de confinement.et aux demandes d’aides de soignants exposés à des contextes de travail très éprouvants. Mais pour de nombreux psychologues, conduire des entretiens à distance n’est pas une pratique habituelle.

Même si les possibilités d’écoute par téléphone, existe depuis plus d’une trentaine d’années pour certains publics (fil santé jeunes)1, les questions posées par leur usage n’ont pas vraiment diffusé dans la profession. A la différence des psychologues anglo-saxons, les psychologues français ont montré pendant longtemps une certaine réticence à utiliser des dispositifs de communication à distance. Lorsqu’ils y ont eu recours, peu d’écrits ont été produits sur le sujet. Depuis les années 2000, le recours à la visio-consultation a commencé à se développer avec des publics présentant certaines formes de pathologies et selon certaines méthodes.

La confrontation avec cette nouvelle réalité, ses contraintes et ses possibilités a donc été assez déroutante : Quels outils choisir ? Téléphone ou visio-consultation ? Comment poser un cadre sécure introduisant un espace tiers ? Sur quels nouveaux repères se fonder ? Qu’entendre dans la plainte des soignants de ce qui relève du travail et parfois de son impossible dans ces nouveaux contextes ? Quels enseignements en tirer sur les liens entre santé et travail ? Comment s’appuyer sur un collectif dans ce cadre de travail psychologique à distance, permettre à l’équipe de « faire corps » ?2

Ce symposium sera l’occasion de revenir sur ces différentes questions grâce à plusieurs contributions dans le champ de la santé et du travail.
Seront interrogés les cadres théoriques et pratiques du travail à distance et sa pertinence face aux effets psychologiques de la covid et du confinement, les conditions indispensables pour poser un cadre permettant le fonctionnement d’une plateforme d’entretiens psychologiques à distance à l’hôpital, les effets psychiques des bouleversements du travail des soignants et leurs effets sur la santé, l’éclairage d’une pratique de psychologue auprès de personnes étrangères, en situation de précarité physique, sociale et psychologique.
Avec ces différents apports, seront abordées et discutées les conditions du travail à distance et les évolutions de l’activité des psychologue, qu’il sous-tend.

D Castro Psychologue et psychothérapeute, HDR, membre associée du laboratoire CLIPSYD EA 4430 Université Paris Nanterre la défense
M Bourgey-Trouillet Psychologue clinicienne CHU de Montpellier
C Boucher Psychologue du travail, membre de l’équipe clinique de l’activité du CNAM
L Torani Psychologue clinicien, membre de psychologue du monde.

Conditions d’exercice des psychologues, quelle prise en compte des questions déontologiques avant et après le confinement ? Samedi 12 Décembre de 15H30-16H45

Courant 2018, la SFP a réalisé une enquête portant sur les conditions d’exercice des psychologues en rapport avec la déontologie. Plus précisément, l’objectif était de mieux connaître les moyens matériels mis à leur disposition ainsi que les éléments relatifs à leur autonomie professionnelle. Cette table ronde permettra de présenter les résultats de cette enquête et d’ouvrir le débat sur les travaux actuels auxquels participent la SFP et ses organisations associées visant d’une part la réglementation de la déontologie des psychologues, et d’autre l’actualisation du Code de déontologie. Notamment sera posée, à la lumière de l’expérience du confinement, la question des impacts de l’usage de nouveaux outils et nouvelles modalités de travail que ces outils permettent, ainsi que leur prise en compte dans le Code de déontologie des psychologues.
Intervenant.e.s Psychologues représentant.e.s d’organisations des différents champs d’exercice professionnel.

Rythmes individuels et sociaux à l’épreuve du confinement (communication) Samedi 12 Décembre de 10H30 à 11H45 ( résumé à venir)
René Clarisse MCU Laboratoire Psychologie des âges de la vie et adaptation Université de Tours. Nadine Le Floc’h MCU, Laboratoire Psychologie des âges de la vie et adaptation, Université de Tours. Mohamed Daassi MCU, Laboratoire VALLOREM, Université de Tours.


• LIEU : MAISON DES MINES ET DES PONTS ET CHAUSSÉES 270 RUE SAINT JACQUES 75005 PARIS

• PARTICIPATION GRATUITE SUR INSCRIPTION, NOMBRE DE PLACES LIMITÉES.